Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 21:03
Ce week end a été consacré a la réalisation des outils pour les futures stratifications.
Aidé par les conseils des uns et des autres , dans l'ordre:

L'armoire chauffante:
Entre 15 et 20°C la viscosité de la resine est divisée par 2, pour obtenir des produits faciles a melanger
et a t° constante pour l'utilisation il est conseillé de maintenir la resine a environ 18°C.
J'ai donc réalisé une armoire chauffante en recyclant un vieux frigo, equipé d'un thermostat et d'une ampoule
25 Watts pour chauffer.


































La pompe a vide:
L'autre element important pour stratifier sur table sous vide est la pompe a vide.
Nos amis anglo saxons parlent de stratifier a environ 22 pieds de colonne d'eau, ce qui fait -0.6bars
La pompe que j'ai recuperé tire a -0.8 bars en fait il suffit de tirer entre -0.3 et -0.5 bars, ce qui necessitte
un vaccuostat. La pompe que j'ai récupéré est une ancienne pompe d'un poussoir a saucisses (qui fait le vide dans
la saucisse lors de sa mise en boyau), merci au genereux sponsor qui m'en a fait dont. La pompe etant en triphasé (380V), il y a 2 solutions; la pose d'un condensateur entre 2 phases (comme sur les moteurs de portail), ce qui fait perdre 20% du couple sur le moteur, ou l'utilisation d'un variateur alimenté en 220V mono, sortie 220V tri. Il convient donc de recoupler le moteur en triangle (en suivant le schema sur la boite a bornes), c'est la solution que
j'ai retenu, suivant le schéma ci dessous. J'ai donc passé mon samedi matin a faire du cablage.

Il faut aussi constituer un piege pour la resine epoxy suceptible de revenir a la pompe lors de l'aspiration.
Le premier essai a été effectué avec un pot de peinture vide. On s'aperçoit sur la photo que -0.8 bars, ça aspire
assez fort (comme on dit en Bretagne le pot est plat comme une galette); il va falloir prevoir plus solide.



La perceuse a microperforé:
Dans un sandwich sous vide les microperforations ont 2 buts. Premierement, les trous laissent remonter la resine
(et l'air ) du dessous vers le dessus pour l'evacuer vers l'aspiration. Deuxiemement les trous remplis de resine
augmentent les caracteristiques mecaniques du sandwich en empechant la mousse de s'ecraser et les couches
de se delaminer. J'ai donc copié sur la solution d'Olivier Blanc (qui a un site tres bien fait, et qui a realisé un petit bijou, un peu a l'origine de ma decision de construire mon bateau). En bref j'ai realisé une planche de 30X40cm percée tous les 2.5cm avec des pointes de 1.4mm . Il faut les prevoir assez longues pour depasser perforer la mousse, soit 10 de planche +10 de mousse =25mm. En montant sur la planche on perfore la mousse (il faut bien sur la poser sur un materiau mou , pour moi du styrodur). El là surprise, malgrés mon gabarit, ça perce pas, j'ai donc du couper la planche en 2 , donc 15X40 pour que mon poids suffise a percer la mousse. Le resultat est plutot pas mal pour un debut.


















La table de stratification:
En fait j'ai utilisé le dernier panneau de MDF restant pour en faire une table (donc 2.44X1.22m).
J'ai recouvert le panneau d'adhesif teflon , c'est le top, strat apres strat, toujours le meme fini impecable, sans perdre de temps a cirer la table.





Par Thierry
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 21:06

Le planking vertical est réalisé avec des panneaux de 300mm de large (plus exactement j'ai coupé les panneaux de 121cm de large en 4). La largeur preconisée etant de 150 a 600mm j'ai commencé par faire un essai avec 300mm. En fait c'est une bonne largeur pour plier la Corecell a froid. La methodologie utilisée est la suivante:

IMPORTANT, le 1er panneau doit etre posé au milieu du bateau et parallele au couple (le n°6 dans mon cas), ensuite:

Decoupe d'un panneau de 300mm de large, je le pose sur le moule pour tracer le bord exterieur, j'enroule le tasseau d'adhesif d'emballage pour que la colle n'adhere pas sur le tasseau.

Je trace la surface de contact pour que les 2 panneaux se touchent (avec un compas a pointes seches, on prend le plus gros ecart entre les panneax et on longe de haut en bas), ensuit on decoupe suivant le tracé. Je perce les tasseaux tous les 6cm (pifometriquement) et je positionne le panneau avec des serre-joints. On sent que ça force sur la mousse, alors là je sort le decapeur, et je chauffe par dessous jusqu'à ce que la mousse se mette en place (on sent que les tensions se liberent), et a ce moment là, il faut arretter. Il suffit alors d'aller derriere et mettre les vis qui maintiennent la mousse par en dessous (encore attention, la mousse epaisseur 10mm est fragile, ne pas trop serrer!).




















Pour le collage des panneaux, Farrier preconise soit un collage polyurethane, soit un espace de 2-3mm a remplir d'enduit epoxy. Le collage polyurethane m'a été deconseillé par le fournisseur de composites, pour lui on n'en maitrise pas le veillissement. J'ai donc laissé un jour entre les panneaux que je comblerai en une seule fois (c'est vrai qu'on gagne aussi du temps comme ça).

Par Thierry
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 18:30


Le mois de Mars devait etre consacré a la preparation du chantier, ne resistant pas a l'envie de me rendre compte du volume de mon futur bateau , j'ai donc commencé par le moule.

J'ai commencé par la coque centrale et non par les flotteurs comme recommandé par Ian farrier, car voulant mettre le bateau a l'eau pendant l'été 2010, j'aurai plus de temps pour stratifier cette année.

J'ai donc commencé par le plus gros morceau. Et contrairement a la recommandation, je n'ai pas commencé par le coté babord ; je pense faire conjointement la coque et les cloisons interieures, et a chaque fois que je ferai un panneau interieur, je ferai son jumeau en avance pour l'autre coté.

J'aurai donc un peu de temps pour preparer le puit de derive qui ira dans la moitié babord. J'espere ainsi avancer plus vite.

Voici le boulot du week end:




La premiere surprise est la taille, et encore il y en a que la moitié. Comparé a l'Astus20 qui occupait les lieux il ya peu de temps , c'est sans commune mesure.

Le support est bien detaillé sur les plans de Ian Farrier, il est constitué de poutres 25x150 avec des traverses et des pieds (qui servent a le mettre de niveau). En travers j'ai vissé des tasseaux 50X75 qui servent d'equerres pour les couples.

La support a été calé au laser (un niveau a bulles suffirait) et les couples sont mis provisoirement, ils seront ajustés par les tasseaux longitudinaux . La methode preconisée par Ian farrier, decalquer les couples avec un papier carbone est tres facile. Une fois les listings assemblés avec du scotch ça fait un sacré plan a manipuler, mais les couples etant imprimés en couleur (differentes a chaque), on se repere facilement.




Une fois fini les couples , les tasseaux sont mis en place, la section preconisée est 19X19, n'ayant pas trouvé, j'ai pris du 18X40 que j'ai coupé en 2 dans le milieu. La scie circulaire coincée dans l'étau avec la poignée coincée par un fil de cuivre, et j'ai passé les tasseaux un par un

(ATTENTION, cascade réalisée par un professionnel, a ne pas reproduire chez vous).

Les tasseaux sont vissés dans les couples tous les 150mm au plus large.

Comme remarqué par mes predecesseurs, l'angle au niveau du couple n° 5 etant trop prononcé, ile est preferable d'utiliser des tasseaux differents avant et apres.

Le week end prochain sera consacré a la table de stratification et au materiel de mise sous vide.

Par Thierry
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 13:51

LE CHOIX DU BATEAU:


Je navigue aujourd'hui sur un Astus20, un petit trimaran, super transportable et facile de mise a l'eau . Ce type de bateau permet , de se passer de place de port, d'antifouling annuel, de pouvoir changer de bassin de navigation selon les envies, l'hiver en Bretagne, l'été en Corse, en bref le bateau idéal.

Alors pourquoi en changer, me direz vous:

Les marins etant des etres insatisfaits, ils sont toujours a la recherche de leur prochain bateau, ce que je souhaite sur mon prochain bateau, c'est 4 couchettes , des rangements partout, et bien sur un bateau rapide pour la régate. De plus ayant trop rêvé suite a la construction du Scarab22 d'Olivier Blanc, j'ai decidé de ma lancer dans la construction .Le bateau me semblant repondre a mes attentes est le F22 dessiné par Ian farrier, architecte bien connu des Corsair f24-F9...

C'est vrai qu'en photo il a l'air d'une bombe:




LE CHOIX DES MATERIAUX:

le choix du mode de construction est bien sur dicté par le plan de Ian Farrier, ce sera un sandwich, mousse / epoxy.


La mousse de construction:

C'est là que ça se complique , en gros il y a 2 types de mousse, les PVC ( Airex, Aglight, Dyvinicell...) et la Corecell (SAN) . Le SAN c'est quoi ? En fait ils veulent pas le dire, ça ressemble a une mousse polyurethane, en plus compacte (forcement, c'est pour construire un bateau). Les 2 types sont des mousses constituées de bulles fermées , c'est grace a ça que la resine est arrettée ( et l'eau aussi en cas de trou dans la mousse). Le PVC etant facilement demoulable les bulles sont plus grosses pour accrocher mieux la resine , les premieres differences sont là , la Corecell paraît etre moins sensible au delaminage (separation des couches de stratification), normalement elle absorbe aussi moins de resine, elle fera un sandwich normalement moins lourd. Quand a la resistance chaque constructeur de mousse interogé a bien sur la mousse la plus resistante. Financierement La Corecell se trouve entre les mousses PVC les moins connues et les grandes marques . Les australiens utilisent beaucoup la Corecell car elle doit etre bien representée, ce qui est moins le cas en France . C'est decidé , pour moi ce sera Corecell !


Les tissus:

Principalement 2 types sont utilisés, les Rovings (tissus tressés) et les multiaxiaux.

Les Rovings sont constitués de fils tressés (comme un drap) , les multiaxiaux sont constitués de 2 nappes unidirectionnelles l'une sur l'autre et cousues entre elles les dénominations sont LT pour les multiaxiaux a 0/90° et BX pour les -45°/+45°, a positionner en fonction des recommandations de l'architecte.

Les roving ont pour reference R, le chiffre qui suit c'est le grammage.

Je suis tombé sur une etude de l'ifremer , qui resumé , dit a peu pres ça : dans un multiaxial , les fibre n'ayant pas eté tordues pour passer d'une couche sur l'autre, elles ont une resistance a la flexion (une fois resinées) environ le double d'un roving. L'etat de surface est plus propre sur un roving.

L'autre aspect est le poids , sur un roving , on peut voir des trous (aux jonctions des fibres), qui seront bouchés par la resine lors de la stratification . Le roving sera donc plus lourd et moins resistant que du multiaxial a grammage identique (et pas moins cher). Le roving a quand meme un avantage , les couches ne peuvent pas se delaminer, ce qui peut etre le cas avec une resine polyesther , c'est pourquoi certains conseillent une couche de Mat entre 2 couches d'unidirectionel.

Pour moi, ce sera multiaxiaux avec resine epoxy.



Par Thierry
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